Tunisair traverse une crise sans précédent, marquée par des retards massifs, des annulations et une désorganisation persistante en pleine haute saison touristique. Face à la colère des passagers, les autorités tunisiennes ont pris des mesures d’urgence, notamment la destitution du PDG et un avertissement sévère aux responsables de la compagnie.
Le ministère a exigé une amélioration rapide de la gestion opérationnelle, avec le redéploiement du personnel, la réorganisation des plannings et le renforcement des services techniques. Malgré cela, les critiques continuent, certains appelant à une refonte structurelle complète.
La compagnie souffre d’un sous-investissement chronique, de tensions sociales et d’une gouvernance défaillante. En juin 2025, son taux de ponctualité est tombé à 48 %, un record régional négatif, selon Le360 Afrique. Le rapport AirHelp 2024 la classe parmi les pires compagnies au monde pour la qualité de service et le traitement des réclamations.
Sur le plan financier, Tunisair affiche une dette dépassant 760 millions de dinars fin 2023, avec des liquidités limitées à 117 millions. Malgré un taux de remplissage moyen de 75,1 % entre octobre 2024 et mars 2025, les charges fixes lourdes pèsent fortement, notamment 177 millions de dinars de loyers d’avions.
Le gouvernement tente de redresser la situation, mais cette crise révèle la fragilité structurelle de Tunisair et l’urgence de réformes profondes.

