À Kirumba, dans la partie sud du territoire de Lubero, au Nord-Kivu, des habitants ont manifesté samedi 27 décembre pour dénoncer les exactions attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) contre les civils, notamment dans le secteur de Bapere.

La mobilisation visait à attirer l’attention des autorités nationales et de la communauté internationale sur une situation sécuritaire jugée alarmante. Le président de la société civile locale, Samy Saa Kumi, a exprimé le ras-le-bol de la population, évoquant des massacres récurrents depuis plusieurs années sans réponse durable des pouvoirs publics. Selon lui, les populations de Beni, de Bapere et d’autres zones voisines doivent pouvoir retrouver la sécurité et vivre sans la peur permanente des attaques armées.

Cette manifestation intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences dans l’est de la République démocratique du Congo. Le Baromètre sécuritaire du Kivu, élaboré par l’Institut de recherche Ebuteli, a recensé 226 incidents sécuritaires au mois de novembre 2025. Le rapport, rendu public le 18 décembre, fait état d’une hausse significative du nombre de civils tués, avec 289 morts contre 205 le mois précédent.

Le territoire de Lubero apparaît une nouvelle fois comme l’un des foyers majeurs de l’insécurité, en particulier le secteur de Bapere et la chefferie des Baswagha. D’après le même rapport, 121 civils, dont 22 femmes, y ont perdu la vie durant la période analysée.

Peu visibles dans les médias, les ADF restent pourtant le groupe armé le plus meurtrier dans l’est du pays. Actifs aussi en Ituri, notamment dans les territoires de Mambasa et d’Irumu, ils mènent des attaques contre des positions de l’opération Shujaa, imposent des taxes illégales aux populations et multiplient les actions de terreur, aggravant une situation humanitaire déjà fragile.