La Cour d’appel de Tunis a rejeté lundi le recours d’Ahmed Nejib Chebbi, chef du Front de salut national, visant à annuler sa condamnation à 12 ans de prison ferme. L’opposant avait été arrêté à son domicile le 4 décembre, suite à un jugement prononcé par contumace dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ».

La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires terroristes a motivé ce rejet « sur la forme », rendant la peine de Chebbi exécutoire, sous réserve d’un éventuel pourvoi en cassation.

Cette procédure s’inscrit dans un contexte judiciaire plus large, initié en février 2023, où plusieurs hommes politiques, avocats et militants ont été poursuivis pour « tentative d’atteinte à l’ordre public », « complot contre la sûreté de l’État » et « intelligence avec des puissances étrangères ». Le 19 avril dernier, 37 accusés avaient été condamnés à des peines allant de 4 à 66 ans de prison, parmi lesquels des figures de l’opposition comme Noureddine Bhiri, Ridha Belhaj et Ghazi Chaouachi.

Les autorités tunisiennes considèrent ces procès comme relevant du droit commun, tandis que l’opposition dénonce un acharnement politique visant à écarter les adversaires du régime. La Tunisie traverse ainsi une crise politique profonde depuis les mesures d’exception décrétées le 25 juillet 2021 par le président Kaïs Saïed.