Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire estime que les élections législatives du 27 décembre 2025 sont entachées d’un profond discrédit. Trois jours après le scrutin, son président exécutif, Sébastien Dano Djédjé, a livré une charge sévère contre un processus électoral qu’il qualifie de « braquage ».
Face à la presse ce mardi 30 décembre, le cadre du PPA-CI a justifié le boycott de son parti en mettant en cause les institutions chargées de l’organisation des élections. Selon lui, le scrutin s’est déroulé sans réelle adhésion populaire et dans un contexte de partialité institutionnelle.
Il s’est appuyé sur les chiffres provisoires de la Commission électorale indépendante, qui font état d’un taux de participation de 35,04 %, en nette baisse par rapport aux 55 % enregistrés à la présidentielle d’octobre 2025. Pour le PPA-CI, cette abstention massive traduit un « désaveu silencieux mais profond » des électeurs, convaincus que le résultat était joué d’avance.
La CEI attribue 197 sièges au RHDP sur les 255 que compte l’Assemblée nationale, contre 32 au PDCI, 23 aux indépendants, et un siège respectivement pour Le Buffle, l’UNPR et le FPI. Le parti au pouvoir enregistre ainsi une progression de 30 sièges par rapport à la précédente législature, dans un contexte de faible participation et de contestations.
Pour Dano Djédjé, cette configuration renforce l’idée d’une confiscation de la souveraineté populaire. Il affirme que le retrait du PPA-CI ne relève pas d’une politique de la chaise vide, mais d’un refus de « légitimer la fraude ». Le parti de Laurent Gbagbo dit vouloir préserver l’intégrité du combat démocratique et réclame la libération des prisonniers d’opinion ainsi que le retour sécurisé des exilés.
Le PPA-CI conditionne son retour dans le processus électoral à des réformes profondes avant les échéances de 2028. Il exige notamment la refonte de la CEI, le départ de son président Ibrahime Kuibert-Coulibaly, la révision de la liste électorale et un découpage électoral jugé plus équitable.
Dans un contexte où le RHDP consolide sa majorité à l’Assemblée nationale, le parti de Gbagbo appelle à une remise en cause globale du système électoral ivoirien afin d’éviter, selon lui, une confiscation durable de la volonté populaire.


