En France, l’Assemblée nationale a validé en première lecture une proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans. Le texte inclut aussi l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables dans les lycées. Cette initiative est portée par la députée de la majorité présidentielle Laure Miller, avec l’appui du président du groupe Renaissance, Gabriel Attal.

Les députés à l’origine du projet estiment que les plateformes numériques exercent une influence négative croissante sur la santé mentale des adolescents. Ils pointent notamment les risques d’anxiété, de dépression et de harcèlement en ligne, en particulier sur des applications très populaires comme TikTok. Pour Laure Miller, il s’agit avant tout de préserver l’équilibre psychologique des jeunes face à des contenus qui structurent de plus en plus leur vision du monde.

Cette proposition de loi s’inscrit dans une dynamique internationale de régulation du numérique. Au sein de l’Union européenne, plusieurs États débattent d’un relèvement de l’âge minimum d’accès aux réseaux sociaux. D’autres pays, à l’image de l’Australie, ont déjà mis en place des restrictions similaires afin de limiter l’exposition précoce des mineurs aux plateformes en ligne.

Des réserves subsistent toutefois sur les modalités d’application du texte. Des spécialistes alertent sur les défis liés à la vérification de l’âge des utilisateurs et à la protection des données personnelles. Si de nombreuses associations de parents saluent une avancée jugée nécessaire, certains acteurs politiques et associatifs questionnent l’efficacité réelle de la mesure et ses implications sur la liberté d’accès à l’information.