La Confédération Africaine de Football (CAF) a pris une décision spectaculaire. Près de deux mois après la finale de la CAN 2025, remportée sur le terrain par le Sénégal face au Maroc (1-0 après prolongation) le 18 janvier à Rabat, l’instance africaine a validé l’appel du Maroc, désignant la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) championne d’Afrique. Le Sénégal perd ainsi sa couronne acquise sur le terrain, provoquant une onde de choc dans le football africain.

Suite aux incidents survenus lors de la finale, le jury disciplinaire de la CAF avait initialement sanctionné individuellement certains joueurs et officiels des deux équipes le 28 janvier, sans infliger de pénalité collective. Le Maroc, estimant que le match avait été entaché d’injustices, avait demandé la victoire sur tapis vert, requête rejetée à l’époque, déclenchant son appel.

Ce mardi, le jury d’appel de la CAF a adopté une position radicalement différente. Le Sénégal est déclaré forfait pour la finale et le match est homologué 3-0 en faveur du Maroc, qui décroche ainsi son deuxième titre continental depuis 1976, mais de manière posthume et administrative. Le Sénégal conserve sa seule victoire obtenue sur le terrain en 2022.

Le jury d’appel justifie cette décision par le comportement des Lions de la Teranga, qui avaient quitté temporairement le terrain pour protester contre le penalty accordé au Maroc en fin de match. Selon la CAF, cet acte tombe sous le coup des articles 82 et 84 du règlement de la compétition. L’article 82 prévoit que toute équipe qui refuse de jouer ou quitte le terrain sans autorisation est considérée perdante et éliminée. L’article 84 précise que l’équipe enfreignant ces règles perd automatiquement le match 3-0, sauf si l’adversaire menait par un score plus favorable, et peut faire l’objet de sanctions complémentaires.

Cette volte-face risque de provoquer de nouvelles tensions. Le Sénégal pourrait saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), et la décision relance les accusations de favoritisme envers le Maroc. Des rumeurs évoquent déjà des désaccords entre le président de la CAF, Patrice Motsepe, et le vice-président marocain, Fouzi Lekjaa, concernant la gestion post-CAN.

Plusieurs voix avaient critiqué le jugement initial jugé trop indulgent pour le Sénégal. Raymond Hack, ancien responsable du jury disciplinaire de la CAF, l’avait qualifié de décevant pour le football africain, tandis que Samir Sobha, membre du comité exécutif, avait estimé que le Maroc avait été “volé”. Le président Motsepe semblait lui-même juger la première décision trop clémente. Le verdict en appel apparaît nettement plus sévère pour le Sénégal.