Nady Bamba Gbagbo, épouse de l’ancien président Laurent Gbagbo, a vivement critiqué l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Maurice Bandaman, dans une tribune publiée le 19 juillet 2026. Elle l’accuse de défendre une conception « à géométrie variable » de la souveraineté nationale.
Cette réaction fait suite à un communiqué de l’ambassade de Côte d’Ivoire en France dénonçant les propos du dirigeant politique français Jean-Luc Mélenchon, qui avait récemment critiqué la situation politique ivoirienne et le quatrième mandat du président Alassane Ouattara.
Pour Nady Gbagbo, la souveraineté ne doit pas être invoquée de manière sélective. Elle estime qu’il est incohérent de dénoncer aujourd’hui les déclarations d’un responsable politique français alors que les autorités ivoiriennes avaient soutenu l’intervention militaire française lors de la crise postélectorale de 2010.
L’ancienne journaliste appelle les dirigeants africains à assumer pleinement leurs responsabilités et à cesser d’attribuer systématiquement les difficultés du continent à des acteurs extérieurs. Selon elle, la souveraineté ne peut être préservée lorsque des responsables politiques recherchent le soutien de puissances étrangères pour accéder ou se maintenir au pouvoir.
Nady Gbagbo invite également à distinguer les peuples de leurs dirigeants, affirmant que la France ne se résume ni à Nicolas Sarkozy ni à Jean-Luc Mélenchon, tout comme la Côte d’Ivoire ne se limite pas à son chef de l’État.
Enfin, elle affirme que le silence de la France face aux atteintes présumées aux droits humains en Côte d’Ivoire s’expliquerait davantage par la volonté de préserver ses intérêts économiques et stratégiques que par un principe de non-ingérence.


