Le gouvernement gambien a exprimé, mercredi 22 juillet, sa vive inquiétude à la suite du naufrage d’une embarcation de migrants au large de Nouadhibou, en Mauritanie. Si 38 personnes ont pu être secourues, le sort de plus de 140 autres passagers demeure inconnu.

Selon un communiqué du ministère gambien des Affaires étrangères, les informations recueillies auprès de l’ambassade de Gambie à Nouakchott, des autorités mauritaniennes et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) indiquent que les garde-côtes mauritaniens, assistés par des pêcheurs artisanaux, ont porté secours aux survivants le 18 juillet. Parmi eux figurent 34 hommes, deux femmes, une fille et un garçon.

Les premiers éléments de l’enquête révèlent que l’embarcation avait quitté la Gambie avec environ 180 migrants à son bord, dont une soixantaine de femmes. Les rescapés affirment avoir dérivé pendant près de 25 jours avant d’être retrouvés en mer.

Les survivants ont indiqué que les passagers étaient originaires de plusieurs pays ouest-africains, notamment de la Gambie, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Mali. Les autorités gambiennes et mauritaniennes poursuivent les vérifications afin d’établir l’identité des rescapés et de déterminer le sort des personnes toujours portées disparues.

Le gouvernement gambien a adressé ses condoléances aux familles affectées par ce drame et a exprimé sa solidarité envers les pays dont des ressortissants pourraient compter parmi les victimes. Il s’est également déclaré profondément attristé par le sort de deux enfants ayant survécu après avoir perdu des membres de leur famille au cours de la traversée.

Par l’intermédiaire de son ambassade à Nouakchott, Banjul affirme collaborer avec les autorités mauritaniennes, l’OIM et les autres partenaires concernés afin d’élucider les circonstances de ce naufrage, d’identifier les survivants, de retrouver les disparus et d’apporter l’assistance nécessaire aux ressortissants gambiens.

Les autorités gambiennes ont renouvelé leur appel à privilégier les voies de migration régulières et à éviter les traversées clandestines, soulignant les risques considérables qu’elles font peser sur les candidats à l’exil. Elles ont également réaffirmé leur engagement à renforcer la coopération régionale et internationale contre les réseaux de trafic de migrants et les causes de la migration irrégulière.

Ce drame rappelle une nouvelle fois la dangerosité de la route migratoire de l’Atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries. Selon les données de l’OIM, au moins 54 naufrages y ont été enregistrés en 2025, faisant 1 214 morts ou disparus. Au total, 3 845 migrants ont perdu la vie ou sont portés disparus sur les principales routes migratoires entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique centrale et l’Europe au cours de cette même année.

Cette tragédie intervient quelques jours après l’annonce du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui faisait état d’au moins 144 migrants morts ou disparus entre le 14 et le 18 juillet au large des côtes mauritaniennes, tandis que 387 autres avaient été secourus.