Le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR) appelle les autorités sénégalaises à adopter une « Loi sur l’offre et la demande » afin de mieux encadrer les marchés agricoles et assurer une rémunération plus équitable aux producteurs.
Cette demande a été formulée à l’issue de la deuxième session de l’Université Paysanne Mamadou Cissokho du Réseau des organisations paysannes et de producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA), tenue du 16 au 18 juillet à Thiès. Les responsables paysans y ont plaidé pour une réforme profonde du système de commercialisation des produits agrosylvopastoraux et halieutiques.
Dans une déclaration adressée au Premier ministre sénégalais, le CNCR estime que l’atteinte de la souveraineté alimentaire passe nécessairement par une meilleure organisation des marchés. L’organisation dénonce notamment les difficultés de commercialisation qui touchent plusieurs filières, notamment les cultures végétales, le lait, l’élevage, l’aviculture, les produits forestiers et ceux issus de la pêche.
Pour les représentants du monde rural, les dysfonctionnements actuels fragilisent les exploitations familiales et limitent les efforts réalisés pour accroître la production locale. Ils appellent ainsi l’État à privilégier des réformes structurelles plutôt que des mesures ponctuelles.
Une réforme du système de commercialisation demandée
Au centre des propositions du CNCR figure l’adoption d’une loi destinée à réguler l’offre et la demande dans les secteurs agricole, pastoral, halieutique et forestier. Selon l’organisation, ce dispositif permettrait de réduire les déséquilibres du marché et d’améliorer les revenus des producteurs.
Les acteurs ruraux souhaitent également participer à la restructuration annoncée de l’Agence de régulation des marchés (ARM). Ils demandent à être associés à la définition des nouvelles missions de cette structure afin qu’elle puisse mieux accompagner la production nationale et promouvoir la consommation locale.
Le CNCR plaide par ailleurs pour la réactivation des cadres de dialogue prévus par la Loi d’orientation agro-sylvo-pastorale (LOASP), notamment la conférence annuelle et le Conseil supérieur d’orientation. Ces instances sont jugées essentielles pour garantir la participation des exploitants familiaux aux décisions liées à l’avenir du secteur agricole.
Le monde rural prêt à accompagner l’État
Au-delà de ses revendications, le CNCR affirme sa volonté de contribuer à la transformation du secteur agricole sénégalais. L’organisation prévoit notamment de formuler des propositions pour l’installation de futurs équipements de stockage et de conservation, en collaboration avec les pouvoirs publics et le secteur privé.
Pour les producteurs, la souveraineté alimentaire du Sénégal ne dépend pas uniquement de la capacité à produire davantage, mais aussi de la possibilité de commercialiser les productions dans des conditions plus justes, sécurisées et avantageuses.


