Les autorités burkinabè annoncent avoir mis en échec une nouvelle tentative de coup de force visant le pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré. L’opération, prévue pour la nuit du 3 janvier 2026, a été neutralisée par les services de renseignement, selon une déclaration télévisée du ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana.

D’après les autorités, le plan devait débuter par l’assassinat du chef de l’État, soit par une attaque directe, soit par une action ciblant son domicile. Il prévoyait ensuite la neutralisation de la base de drones et une intervention militaire terrestre impliquant des forces extérieures.

Le ministre de la Sécurité a désigné l’ancien président de la Transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, comme le principal instigateur de cette tentative. Réfugié au Togo depuis sa chute en septembre 2022, il aurait assuré la planification des actions, la mobilisation des financements, ainsi que le recrutement de civils et de militaires.

Concernant les moyens financiers, Mahamoudou Sana affirme qu’une partie du financement proviendrait de la Côte d’Ivoire, évoquant une opération récente estimée à 70 millions de francs CFA.

Les autorités assurent que plusieurs personnes ont déjà été interpellées et que les enquêtes se poursuivent. Tous les suspects seront présentés devant le procureur du Faso, a précisé le ministre, qui promet l’application stricte de la loi. Des vidéos d’aveux issues des auditions seront rendues publiques.

Tout en saluant le travail des forces de défense, de sécurité et des Volontaires pour la défense de la patrie, le gouvernement appelle la population au calme, à la vigilance et au discernement. Le ministre a aussi alerté sur l’utilisation de civils, parfois de manière naïve, pour le transport de messages ou de fonds.

Ce n’est pas la première fois que Paul-Henri Sandaogo Damiba est cité dans des accusations de déstabilisation. En septembre 2024, les autorités avaient déjà annoncé le démantèlement d’un réseau l’impliquant. Radié des forces armées en octobre 2024, il est accusé d’atteinte grave à la dignité militaire et d’actions en lien avec des puissances étrangères et des groupes terroristes.