À l’occasion des vœux des Forces vives de la nation, le 12 janvier 2026, l’éducation s’est affirmée comme une priorité majeure pour les autorités de la transition au Mali. Les familles fondatrices de Bamako ont appelé à faire de 2026 une année dédiée à l’école, considérée comme un levier de souveraineté, de cohésion nationale et de développement durable. Le chef de l’État a intégré cette orientation dans la vision stratégique de la transition, aux côtés des priorités sécuritaires, économiques et institutionnelles. Cette convergence entre acteurs sociaux, autorités religieuses et exécutif traduit une volonté commune de remettre l’éducation et le capital humain au centre du projet national.
Cette priorité s’impose dans un contexte de fragilité persistante du système scolaire. En 2025, environ 2 000 écoles sont restées fermées, principalement à cause de l’insécurité, des déplacements de populations et du manque d’enseignants. Plus de 600 000 enfants ont été privés d’un accès régulier à l’enseignement, perturbant la continuité pédagogique dans plusieurs régions du centre et du nord du pays.
Les résultats des examens nationaux reflètent ces déséquilibres. Les taux de réussite au Diplôme d’études fondamentales et au baccalauréat sont restés inférieurs aux moyennes pré-crise sécuritaire, soulignant les inégalités d’accès, les interruptions de cours et la pression sur les infrastructures scolaires.
Les partenaires techniques et humanitaires, dont l’UNICEF, alertent sur les conséquences de ces fragilités, notamment le décrochage scolaire, le travail des enfants et l’exposition à diverses formes de vulnérabilité. Dans de nombreuses zones rurales, l’école reste l’un des rares services publics encore accessibles.
Pour 2026, l’accent mis sur l’éducation est perçu comme un signal politique fort. Sa réussite dépendra toutefois des arbitrages budgétaires, des réformes sectorielles et des mécanismes de mise en œuvre. Dans un pays où près de la moitié de la population a moins de 18 ans, les décisions dans le domaine éducatif pèseront durablement sur la stabilité, la cohésion sociale et le développement.


