Des acteurs de la société civile issus du Burkina Faso, du Mali et du Niger s’opposent à une résolution du Parlement européen demandant la libération de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum. Dans une déclaration conjointe, ces organisations dénoncent une ingérence politique qu’elles jugent inacceptable dans les affaires internes des États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le texte, signé par six structures engagées dans la veille citoyenne au sein de l’espace AES, exprime un rejet ferme de la position européenne. Les signataires estiment que cette résolution reflète une attitude paternaliste à l’égard des peuples africains et remet en cause la souveraineté des États concernés.

Les organisations pointent également du doigt l’influence supposée de la France au sein des institutions européennes. Selon elles, Paris chercherait à utiliser l’Union européenne pour maintenir une pression politique sur les pays sahéliens, après avoir perdu une partie de son influence dans la région.

Pour les auteurs de la déclaration, la question de Mohamed Bazoum servirait de prétexte. Ils affirment que l’enjeu réel réside dans la volonté de freiner l’émergence d’un espace sahélien autonome et souverain, porté par la dynamique de la confédération AES.

Dans cette dynamique, ils rappellent la tenue d’un forum confédéral à Ouagadougou, qui a permis d’envisager la création d’une plateforme commune de veille citoyenne. Cette initiative vise à coordonner les réponses face aux pressions extérieures et à renforcer la mobilisation interne.

En guise de riposte, les organisations appellent à des manifestations populaires prévues le 28 mars 2026 dans les trois pays concernés. L’objectif est de dénoncer la résolution européenne, d’affirmer la souveraineté des États de l’AES et de témoigner un soutien massif à leurs dirigeants.

À travers cette mobilisation, ces acteurs entendent réaffirmer leur engagement en faveur d’une gouvernance indépendante et d’un espace sahélien affranchi des influences extérieures.