Le président congolais Félix Tshisekedi a lancé jeudi un appel à son homologue rwandais Paul Kagame pour qu’il œuvre avec lui à instaurer « la paix des braves » dans l’est de la RDC, une région minière en proie à des violences depuis plus de trente ans. Cette invitation a été rejetée par Kigali, qui a qualifié la démarche de « comédie politique ridicule ».
S’exprimant à Bruxelles lors d’un forum sur les investissements européens en Afrique, Tshisekedi a dénoncé la poursuite des attaques du groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, et ayant pris le contrôle de plusieurs villes depuis janvier, dont Goma et Bukavu. Il a affirmé que la paix dans l’Est ne serait possible que si Kagame ordonnait au M23 de cesser les hostilités et a suspendu temporairement son projet de plaider pour des sanctions contre le Rwanda, en signe de bonne foi.
De son côté, Paul Kagame a minimisé l’appel à la paix en évoquant sur les réseaux sociaux « le bruit d’un bidon vide » et a été soutenu par le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, qui a dénoncé les accusations congolaises et accusé Kinshasa de soutenir des milices et d’utiliser des mercenaires étrangers, tout en violant des accords de paix antérieurs.
Malgré les accords signés à Doha en juillet et à Washington en juin, les violences persistent dans la région, les deux pays s’accusant mutuellement de provoquer l’escalade. Tshisekedi a par ailleurs salué « l’implication » du président américain Donald Trump dans les efforts de paix, malgré l’absence de résolution du conflit sur le terrain.


